dimanche, 01 juillet 2007

The real macarons story

dc98cd33a48b0ba866329aee939a3a68.jpgVous n'êtes pas sans avoir remarqué la déferlante macarons qui sévit depuis quelques mois : on se damnerait pour un goûter chez Ladurée, on bave devant les créations gustatives de Pierre Hermé mais savez-vous d'où ils viennent ces fameux macarons? Hé, de Lorraine pardi!

Tout commence quand Catherine de Vaudémont, abbesse de Remiremont, fonde à Nancy le monastère des dames du Saint-Sacrement où il est strictement interdit de consommer de la viande. La gourmandise est un vilain péché, certes, mais nos bonnes soeurs ne l'entendent pas de cette oreille et elles se rattrapent avec les patisseries et mettent au point des nouvelles recettes dont celle du fameux macaron qui reste pour l'instant confiné dans la calme enceinte du monastère. Mais au dehors, la Révolution gronde et le 5 avril 1792, les congrégations religieuses sont supprimées. Le couvent est abandonné, les soeurs tentent de retourner à la vie civile.  Deux d'entre elles trouvent refuge auprès d'un docteur ; pour éviter d'être une charge dans ces temps troublés, elles décident de commercialiser le macaron qui remporte un vif succès. Début de la macaron story. Les petites douceurs se vendent comme des petits pains et très vite les deux nonnes sont rebaptisées les soeurs Macarons. Leur macaron est craquelé, non fourré, non coloré. C'est celui que vous pourrez trouver à l'enseigne des Soeurs Macarons, 21 rue Gambetta, à deux pas de la place Stan'. Récupéré par le patissier Ladurée, le macaron prend des couleurs, est assemblé par paire pour pouvoir être fourré et devient parisien en diable! Mais l'histoire ne s'arrête pas là : dans un logique retour aux sources, les confiseurs lorrains se sont appropriés la version "parisienne" du macaron et proposent des saveurs lorraines tout à fait inédites et savoureuses telles que mirabelle, bergamote ou myrtille. Vous pourrez les trouver chez Recouvreur, rue de la Faïencerie.

Et voilà, une raison de plus de venir faire un tour à Nancy!

dimanche, 10 juin 2007

Nancy, The place to be

87f59d8c02eb674db5e5caebc7912291.jpgComme z'avez été super choutes après ma mini blog déprime de la semaine dernière, je vous donne une super idée de week-end pour cet été.


C'est hyper simple : tu prends un métro pour la gare de l'Est, tu sautes dans le premier TGV qui va à Nancy (oui, oui depuis aujourd'hui la Lorraine n'est plus qu'à 1h30 de Paris, à peine le temps de feuilleter son Elle que déjà on est arrivé, c'est le pied!) et tu passes un week-end dans la capitale de la Lorraine. Et surtout, tu te cales stratégiquement
à la terrase du café du Commerce sur les coups de 22h30  et tu te prépares en sirotant ce qu'il te plaira à assister au plus beau son et lumière de ton existence.
Ouais, ça peut paraître ringue un son et lumière, j'te l'accorde mais celui-là c'est du gros matos, de l'innovation technologique en avant première interplanétaire et t'en prends plein les mirettes pendant un quart d'heure*. T'imagines ça, toi, les monstres délirants de Jacques Callot grouillants sur la façade de l'hôtel de ville remplacés par des images tirées de Georges de la Tour qui se colorisent peu à peu comme réchauffées par la lumière d'une flamme, Stan en personne qui incline délicatement la tête vers la foule, l'Amphitrite des fontaines qui se transforme en libellule Art nouveau et un feu d'artifice d'images pour évoquer la période contemporaine le tout sur une bande son toute en sobriété et retenue. Et ben, moi, je ne m'attendais pas à être émerveillée comme ça et je crois que cet été, mon chéri va beaucoup entendre : "dis, ce soir, on passe place Stan' voir le son et lumière", histoire de le tester depuis tous les coins de la place!

*Tu m'objecteras que se déplacer pour un quart d'heure de spectacle on a vu mieux comme week-end mais y a tout plein d'autres choses à faire dans la bonne vieille cité ducale, demande à la spécialsite es Nancy par mail! 

Ouais, je sais, la photo est pourrie mais j'étais pas au bon endroit pour faire des bonnes photos alors j'ai pioché ce que je pouvais!

dimanche, 01 avril 2007

Le musée de l'Ecole de Nancy dévoile ses réserves

medium_affiche.3.jpgL'Ecole de Nancy, c'est mon dada. Donc quand le musée de l'Ecole de Nancy décide de présenter les trésors qui sommeillent dans ses réserves et qu'on ne peut jamais voir pour cause d'étroitesse des lieux et bien votre quiche, elle ne peut pas passer à côté de ça!
Pour être allée dans ces fameuses réserves, je sais que ça vaut le coup : des ensembles comme le mobilier d'un cabinet dentaire de Gruber, des éléments mobiliers et architecturaux venant de construction détruites comme la maison Luc (rue de Malzéville). Et ce n'est pas parce que ça sort des réserves que ce sont des oeuvres d'une importance moindre, jugez plutôt : la demeure d'Emile Gallé himself, l'hôtel particulier d'Edouard Hannon à Bruxelles ou encore la villa d'Eugène Corbin, généreux mécène de l'Ecole de Nancy et donateur à l'origine du musée de l'Ecole de Nancy.

Et tout ça, ça se passe dans l'un des lieux fondateurs de ce mouvement : les galeries Poirel où, dès la fin du XIXè siècle, les artistes lorrains présentaient des oeuvres qui allaient marquer les arts décoratifs pour un moment.

Où, quand, jusqu'à?
Le musée expose ses réserves : oeuvres méconnues ou inédites
Galeries Poirel, Nancy
Du mercredi au dimanche de 13h à 18h
Jusqu'au 13 mai 2007

dimanche, 04 mars 2007

Une soirée chez Marcel

Dans la cadre de la mission première de ce blog -faire découvrir la Lorraine dans ses aspects les plus variés-, je fais preuve d'une abnégation de ouf : hier, je suis allée voir le match Nancy-Le Mans au stade Marcel Picot, rien que pour pouvoir vous parler de l'ASNL, l'équipe de Nancy.

L'ASNL a connu une période faste dans les années 70 avec un certain Platini. Cet âge d'or est vraiment un lointain souvenir :  Nancy, le plus souvent, oscille entre le bas du tableau de L1 et la L2. Sauf que cette année, Nancy a fait un début de saison plutôt prometteur et beaucoup de gens ont repris le chemin du stade, d'autant plus que l'équipe jouait en coupe de l'UEFA. Je me devais donc d'aller voir de plus près ce phénomène. En plein coeur de l'action, derrière un club de supporter, je n'ai rien manqué du spectacle. Grève des supporters pendant 15 minutes pour montrer aux joueurs peu reconnaissant ce que c'est qu'un stade mort, passage à l'action au bout des 15 minute : on tombe le maillot et on danse et on chante des hymnes à la gloire des joueurs en rouge et blanc qu'on encourage à coup de "Ouaich gros" et on clame sa fierté d'être supporter de Nancy tout en buvant des bières et presque sans regarder le match... Supporter c'est vraiment un boulot surtout pour le type au mégaphone, tatoué du chardon lorrain, qui tente de motiver la tribune pendant toute une mi-temps sans beaucoup de succès. Pour l'ambiance de folie, on repassera.

Au final, c'était super poussif, aucune construction de jeu du côté des Lorrains, des erreurs d'arbitrage qui coupent le jeu. Je me suis bien amusée en regardant tout ce qui passait dans les tribunes mais je n'ai pas été emballée par le match en lui-même.

Edit : Comment ça le foot ça vous passionne pas?!!!!!!!!!!!

dimanche, 04 février 2007

Aux délices du Palais

Un chouette endroit pour se faire un p'tit resto entre copines : Aux délices du Palais, en face du palais ducal à Nancy. Et ce n'est pas Clarchen qui me contredira...
Le cadre : de bric et de broc. Pas une table ou une chaise semblable à une autre pour une ambiance décontract. Le patron : une crème. On devient ses petites chéries ou ses canards très vite et il claque la bise quand on s'en va.
Les plats : de la cuisine inventive à des prix plus que doux. Pour vous mettre l'eau à la bouche : gratin de légumes au pain d'épices et au chèvre, lasagnes aux deux saumons, tarte aux courgettes et au chèvre... Et, cerise sur le gâteau, on y trouve du Tariquet dont le Premières grives qui accompagné mon année festive à Cahors. Autant vous dire que quand j'ai vu la bouteille chérie sur le comptoir de Fabrice, j'ai sauté de joie!

Mieux vaut réserver car il est souvent complet en fin de semaine!

samedi, 20 janvier 2007

Rivalités intestines

C'est l'histoire d'une région ayant connu des siècles agités et pour laquelle deux villes prétendent au titre de capitale. A ma gauche, Nancy, capitale historique du duché de Bar et de Lorraine, un peu endormie jusqu'à la fin du XIXè siècle où l'annexion de l'Alsace et la Moselle lui donne l'occasion de reprendre le devant de la scène. A ma droite, Metz, en territoire d'Empire, puis enclave française entre les territoires allemands et le Lorraine, ville qui brille jusqu'au black-out de l'annexion. 1918 : retour des territoires annexés dans le giron de la France. Et début de la lutte intestine pour le titre convoité de capitale de la Lorraine.
Tout se complique avec la décentralisation et la création des régions. Il va bien falloir trancher : on n'a pas encore vu de région bicéphale. Et bien non, la question ne sera pas tranchée de manière catégorique.

C'est l'histoire d'une région qui a un chef lieu administratif (Metz) mais sans aucunes conséquences sur les équipements.

C'est l'histoire d'une région qui installe son aéroport entre les deux villes soit en plein milieu de la cambrousse. Pas trop grave me direz-vous au regard du peu de destinations desservies.

Mais c'est l'histoire d'une région qui installe sa gare TGV entre les villes soit.... en plein milieu de la cambrousse, je vois que vous suivez, et ça, ça me fait nettement moins rire, parce que du TGV, je sens que je vais en avaler pas mal au train (ha ha) où vont les choses...

Alors pour les prochaines fois amis messins, ravalez votre fierté mal placée et admettez que la capitale de la Lorraine c'est bien Nancy ;)

dimanche, 10 décembre 2006

Trou lorrain

Trou lorrain : mélange de glace à la mirabelle et d'eau de vie de mirabelle censé couper un repas de fête et permettre de continuer ses agapes...
Résultat du trou lorrain le lendemain : mal la tête.... (surtout quand on se termine au rhum arrangé)

dimanche, 03 décembre 2006

Saint Nicolas

Ce week end à Nancy, on célèbre saint Nicolas, patron de la Lorraine et protecteur des enfants : feu d'artifice, défilé sur des chars du saint évêque dans son rouge costume d'église et de son acolyte le père Fouettard tout de noir vêtu, jetés de bonbons dans la foule pour un final sur la place Stan', vous vous souvenez, la plus belle place du monde.... Auparavant les deux compères ont fait la tournée des écoles pour déterminer qui a été sage et qui ne l'a pas été au cours de l'année passée : les gentils seront recompensés par saint Nicolas, les garnements auront droit aux punitions du père Fouettard. Ca vous rappelle vaguement quelque chose non? Et pour cause, saint Nicolas est un peu l'ancêtre du père Noël d'invention beaucoup plus récente. Et le santa Klaus des anglophones dérive directement du saint Nicolas de l'Est de la France. Depuis les années 60, le marketing ayant bien fait son travail, le père Noël et sa hotte de cadeaux ont détrôné saint Nicolas pourvoyeur de douceurs mais la Saint-Nicolas reste une fête importante pour les petits comme pour les grands. J'en veux pour preuve les rues de Nancy noires de monde hier pour le feu d'artifice tiré place Stan', la plus belle... ok, ok, j'arrête avec mon chauvinisme de bas étage.

Mais c'est qui ce saint Nicolas et que vient-il faire en Lorraine?
Il était évêque de Myre en Turquie au IVè siècle après Jésus Christ. Diverses légendes entourent sa vie mais celle que l'on chante encore aujourd'hui relate la ressurection par saint Nicolas de trois enfants découpés en morceaux et mis au saloir par un boucher à qui ils avaient demandé l'hospitalité. Saint Nicolas qui passe par là sept ans plus tard demande à manger spécialement ces morceaux de viande. Le boucher prend peur et s'enfuie, saint Nicolas fait revenir les trois enfants à la vie. Certains pensent que le père Fouettard serait le boucher de la légénde. "Ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs...".
Au XIè siècle, un Lorrain en guoguette du côté de Bari en Italie où se trouve la tombe du saint, ramène (ok il l'a problablement volé puisqu'à l'époque le trafic des reliques est à son apogée) sa "dextre bénissante", la main droite d'un pauvre péquin dont on a pris la tombe pour celle de saint Nicolas donc. Le Lorrain en question donne cette main à la ville de Port, bourg proche de Nancy. On construit pour la précieuse relique plusieurs églises successives jusqu'à l'actuelle basilique de Saint-Nicolas-de-Port. Comme de juste saint Nicolas devient le protecteur de la famille ducale, des grands du duché et donc par extension de la Lorraine.

Vous savez ce que je vais faire cet après midi? Comme quand j'étais gamine : aller au défilé pour essayer d'attraper des bonbons parce que "j'ai été bien sage cette année saint Nicolas!"

samedi, 18 novembre 2006

Patois

A week end lorrain billet lorrain !

Le Lorrain a  un parler bien spécifique,  je vais donc vous faire découvrir des expressions toutes plus élégantes les unes que les autres que vous pourrez entendre au détour des rues de Nancy.

On commence par une citation des Amis d’ta femme, groupe du cru qui a fait une reprise de Laisse béton de Renaud à la sauce lorraine que je vous mettrais ici dès que  j’aurais compris comment on met de la musique sur un blog !  «  de l’ineffable propension qu’ont les Lorrains à oublier le prénom de leur interlocuteur : « comment qu’c’est…    euh…    gros ? ».

 

Parce que le Lorrain n’appelle pas son ami par son prénom mais par cette délicieuse locution « gros », qui n’est en aucun cas en rapport avec le poids de la personne qu’on s’entende bien.

Le Lorrain ne fait pas la fête, il fait la chouille.

Il ne boit pas, il pitche.

Il ne s’en va pas, il se pet’ la tchave.

Il ne demande pas « comment vas-tu cher ami ? » mais il préfère dire « ça get’s gros ?»

Il parle d’un ami en rajoutant « le » devant son prénom : le Henri par exemple… voire dans certains cas extrêmes « il est où le gros ? »

Il prononce le T à la fin du mot vingt.

Le tout avec un accent bien des campagnes.

Mais le Lorrain est un gars bien quand on ne s’arrête pas à ça… Nombre d’étudiants arrivés ici contraints et forcés n’en sont plus repartis conquis par la chaleur de l’accueil. Venez y voir de plus près…

 

Edit après une soirée dans les bars lorrains :

Le Lorrain met le caillon (avec un ^ sur le a) soit le souk, le bronx

Il ne fume pas des cigarettes mais des schmers.

Il ne redoute pas les policiers mais les schtars.

Il ne se tape pas la honte mais la lâtche ou la chouffe.

Il ne parle pas d'un gars mais d'un câtche.

Il ne roule pas vite mais il chable.

And so on... 

vendredi, 03 novembre 2006

L’Ecole de Nancy ou le renouveau des arts à Nancy

Oups, cette note est méga longue car je me suis laissée emporter par ce sujet qui est un peu mon dada!

medium_b_bois_41_daum.3.jpgLa maisonnée s’est endormie, je peux donc tranquillement m’installer pour vous conter ma Lorraine par le petit bout de la lorgnette. Le mot conte n’est pas vain ici puisque ma pauvre Lorraine, devenue province française à la mort de Stanislas est peu à peu rentrée dans le rang. Rideau – Ennui – Petite ville de province.
Et là ping, une petite guerre pour réveiller tout ça. 1870, perte de l’Alsace et de la Moselle. Et voilà Nancy qui devient à la place de Metz ou Strasbourg, désormais en territoire allemand, LA grande ville de l’Est de la France. Tous les regards se tournent vers cette ville symbole de la tragédie de l’Annexion. Et ces regards vont rencontrer un créateur de génie : Emile Gallé. Fin lettré, humaniste, républicain, verrier, ébéniste et céramiste, il réussit, grâce à l’énergie débordante qu’il met dans tout ce qu’il entreprend, à réveiller le Nancy des Arts. Des expositions d’arts décoratifs à Nancy et à Paris font connaître dans toute la France, les créations de ce qu’on a vite appelé l’Ecole de Nancy. Le bois, le verre, la céramique, les vitraux, les tissus, les reliures… les artistes de l’Ecole de Nancy touchent à tout et révolutionnent les pratiques artistiques de la fin du XIXe siècle tombée dans la répétition, le cliché.

Ils ne sont pas les seuls en Europe à poursuivre ce but : Bruxelles, Barcelone, Glasgow, Vienne… et Nancy! Partout on crée un Art nouveau –le mot est jeté- inspiré des lignes végétales. La particularité de Nancy est d’avoir porté un regard très naturaliste sur ces lignes végétales sans doute sous l’influence de Gallé, botaniste averti. Donc l’heure de gloire pour Nancy dont les créations sont célébrées partout.
Mais dès le tournant du XXe siècle, les formes se stylisent, se géométrisent et la plupart des artistes de l’Ecole de Nancy, freinés par la mort de leur chef de file en 1904, ne réussissent pas à prendre ce tournant. C’est le début d’un long purgatoire où les débauches florales et les stylisations végétales sont honnies. Aujourd’hui, il serait presque indécent de donner le prix de vente d’un beau vase de Gallé. Il y a même des Japonais qui commanditent des vols au Musée de l’Ecole de Nancy pour se fournir en pièces majeures!

Car, quel meilleur endroit que Nancy, pour se replonger dans cette époque ? Ben, n’y en a pas !
A ne pas rater à Nancy :
Le musée de l’Ecole de Nancy : dans la propriété du principal mécène de l’Ecole de Nancy, des collections somptueuses, un aquarium et un jardin.
La villa Majorelle : le plus bel exemple d’architecture Art nouveau à Nancy
Le musée des beaux-arts : pour les Daum au sous-sol
La brasserie Flo – Excelsior (en face de la gare) : presque dans son jus
Le quartier de Saurupt (direct en tram) : pour les villas rescapées d’un projet de parc jardin à l’anglaise
Et surtout se balader le nez en l’air !

Pour en savoir plus : par ici

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